Gembloux, un nœud de communications

Gembloux, un nœud de communications

© Pierre Aubry – 2017 (Texte inédit°

Lucien Hoc écrit, à juste titre, dans le Bulletin du Cercle Art & Histoire d’avril 1980 que « depuis sa fondation au Xème siècle, Gembloux est resté jusqu’au XIXème siècle à l’écart des grandes voies de communications commerciales. Il ne faut pas se laisser impressionner par ses titres anciens de Ville et de Comté car ce n’était qu’un petit bourg agricole endormi sous la férule paternaliste de l’Abbaye et soumis à l’arbitraire de l’Abbé. Il fallut le grand bouleversement de la Révolution française pour sortir notre ville de sa torpeur. »

En effet, la liaison routière de Bruxelles vers Namur et Luxembourg a longtemps évité Gembloux. Elle passait par Sombreffe et Mazy. Envisagée depuis 1718, elle ne sera commencée qu’en 1761 pour se terminer en 1772. Elle sera empierrée dans les années 1820 sous le régime hollandais.

Les deux grands axes routiers – Namur-Bruxelles et Charleroi-Tirlemont – qui se croisent à Gembloux ont été commencés vers 1813 et terminés vers 1825-1826.

Ce n’est qu’à la fin de 1825 qu’un cultivateur de Gembloux, Nicolas Joseph Gislain, obtient l’autorisation de relier en deux heures et demie Gembloux à Wavre avec une diligence, où elle donne correspondance vers Bruxelles.

Mais c’est seulement dans la seconde moitié du XIXe siècle que Gembloux devient un nœud de communications où se rencontrent plusieurs moyens de transport : quatre lignes de trains, une ligne de tram vicinal ont été ajoutées aux deux routes nationales. Aujourd’hui on y trouve plusieurs lignes d’autobus et un itinéraire du réseau autonome de voies lentes (RAVeL).

Le train à Gembloux

En 1835, le premier train à vapeur belge a circulé entre Bruxelles et Malines. Le réseau ferré va ensuite se développer rapidement dans notre pays.

Une grande ligne de chemin de fer partant de Bruxelles vers Luxembourg est concédée à la Grande Compagnie du Luxembourg. Elle atteint Gembloux en 1854. Le tronçon de Gembloux à Rhisnes est inauguré en 1855 et la ligne atteint Namur en 1856 et Jemelle en 1858. Elle porte aujourd’hui le numéro 161 et est exploitée par la SNCB créée en 1926.

De Gembloux, deux lignes – la 144 et la 147 – se raccordent à la ligne principale 161.

La 144 part vers Jemeppe-sur-Sambre et a été inaugurée en 1877. On l’appelle aussi la Ligne de l’Orneau.

La ligne 147 Landen – Fleurus – Tamines/Auvelais passait aussi jadis par Gembloux. Les trains s’arrêtaient à Sauvenière, Penteville, Corroy-le-Château et Sombreffe. Le tronçon de Landen à Gembloux et Fleurus a été inauguré le 15 octobre 1865. Celui de Fleurus à Tamines a été ouvert le 12 juin 1868. Cette ligne desservait de nombreux charbonnages et permettait aux ouvriers flamands de venir travailler dans les mines wallonnes. Elle sera fermée au trafic voyageurs en 1959 et au trafic marchandises en 1973. Mise hors service le 9 mars 1979, elle sera déferrée entre Landen et Fleurus et deviendra ensuite un maillon cyclable et piétonnier du réseau RAVeL.

En 1989, dans le cadre du plan Star 21, il est décidé de créer notamment l’itinéraire ferroviaire Athus-Meuse, réservé aux trains de marchandises. Pour relier le port d’Anvers au Grand-Duché de Luxembourg et pour éviter la ligne 161 (Bruxelles-Namur) qui est surchargée, la SNCB entame donc en 1999 la reconstruction de la ligne 147 entre Fleurus et Auvelais où elle rejoint la ligne 130 ( Charleroi-Namur). La voie sera entièrement reconstruite. Le 10 juin 2001, le tronçon sera inauguré. Les trains de l’Athus-Meuse descendant d’Anvers vers Luxembourg passent par Ottignies, Fleurus, Auvelais et Namur. Ceux en provenance de Luxembourg vers Anvers empruntent la ligne 144 (Jemeppe-sur-Sambre – Gembloux) en venant de Namur.

Trams et bus à Gembloux

Entre le 21 avril 1902 et la fin des années 1950, une ligne de tram vicinal – la ligne 326 – a relié la gare de Gembloux à Sart-Risbart, où elle rejoignait la ligne 325 allant de Tilly à Incourt. Des trams à vapeur et des autorails diesel ont circulé sur cette ligne.

En 2017, plusieurs lignes d’autobus du TEC rayonnent au départ de la gare de Gembloux (on peut toutefois regretter que – sauf à de très rares exceptions – la toute grande majorité des bus évitent le centre de la ville) :

  • ligne 25 : Gembloux – Thorembais-Saint-Trond- Jodoigne ;
  • ligne 27 : Gembloux – Chastre – Marbais ;
  • Ligne 32 : Gembloux – Namur ;
  • Ligne 144a : Gembloux – Jemeppe-sur-Sambre ;
  • Ligne 147a : Gembloux – Fleurus – Tamines ;
  • Ligne 148 : Gembloux – Ramilies- Landen ;
  • Ligne 247a : Gembloux – Corroy-le-Château – Sombreffe ;
  • Ligne 347a : Gembloux – Saint-Martin – Tongrinne/Onoz.

Enfin, n’oublions pas l’itinéraire du Réseau autonome de Voies lentes (RAVeL) qui, par le tracé de l’ancienne ligne de chemin de fer 147, permet aux piétons, aux cyclistes et aux cavaliers de circuler de Sombreffe à Lincent (et au-delà) en passant par Gembloux.

© Pierre Aubry – 2017 (Texte inédit°

Sources

http://www.belrail.be/F/infrastructure/ligne/ 147.html (en 2017)

– Watelet Maurice – Le terrain des ingénieurs – Patrimoine cartographique de Wallonie – MET Racine1995

– Legros Hervé – Le tram à Gembloux – Complément d’information – Bulletin du CRAHG n° 83 – 2015

– Hoc Lucien – Le contournement de Gembloux – Bulletin du Cercle Art & Histoire n° 2 – Tome II – Avril 1980

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